Un chien est un chien


Le début du mois d’octobre fut marqué par deux publications dans le Journal de Montréal concernant des attaques de chiens envers des humains. Encore la une qui nuit aux propriétaires consciencieux de chiens!

Le premier cas fut celui d’un homme qui s’est fait attaquer par ses propres chiens… des Pitbulls. Le deuxième cas fut celui d’une fillette de cinq ans, mordue par des Bouviers bernois lors d’une visite dans un élevage.

chien_02On ne le dira jamais assez : peu importe la race, tous les chiens doivent être socialisés et éduqués afin d’en faire de bons citoyens canins et nous permettre d’avoir un certain contrôle sur leurs actions.

Un Pitbull n’est pas une race reconnue. Il s’agit d’un mélange de plusieurs races dans le but unique d’obtenir de magnifiques athlètes tout en muscles et pleins de fougue au combat! Le problème, ce n’est pas la « race » en soi, car j’ai connu plusieurs gentils Pitbulls de compagnie! Les propriétaires avaient pris soin de les socialiser, de les éduquer et, surtout, de ne pas développer leur potentiel agressif. On ne joue pas à « cours après le chat du voisin » avec un Pitbull, tout comme on ne donne pas un flingue chargé à un enfant de trois ans sans risque!

Il n’y a pas que les Pitbulls qui furent développés pour le combat. En fait, la majorité des molosses, ainsi que plusieurs races de chasse ont été développées pour tuer une proie (un chien ennemi, un cochon sauvage, un lion, un ours, etc.). Et, bien que les combats soient illégaux, ils existent encore au Québec en 2011!

Avant d’acheter un chiot de telle ou telle race, renseignez-vous! Il vous faut connaître et comprendre les origines d’une race avant de prendre la décision d’acquérir un chein. Ensuite, vous devez sélectionner le bon éleveur.

Le bon éleveur sera celui qui vous parlera des points forts et des points faibles de ses reproducteurs. Aucun chien n’est parfait, il devrait donc vous parler d’au moins un défaut par chien! Il vous parlera des tares génétiques connues dans la race et les moyens qu’il prend pour en diminuer l’incidence le plus possible. Il vous parlera du standard, donc de la conformation, et possiblement des résultats obtenus en exposition (champion), mais surtout, il insistera sur le travail de sélection qu’il fait au niveau du caractère pour produire des chiots équilibrés qui feront de parfaits chiens de compagnie. Il vous parlera de l’importance de la socialisation et vous expliquera ce que LUI fait pour optimiser cette socialisation.

L’éleveur qui néglige le caractère dans la sélection de ses reproducteurs ne respecte aucunement le standard de sa race! On a beau avoir un chien parfait physiquement, sans dysplasie, sans tares oculaires, sans problèmes… Mais si son caractère est trop mou ou trop fort, le standard n’est pas respecté.

Il ne faut pas se le cacher, les qualités requises pour faire un bon chien de compagnie sont l’équilibre, la confiance, le contrôle et l’amour de l’humain. Que l’éleveur sélectionne pour les concours de travail ou de beauté, l’équation finale reste la même : la majorité des chiots sont vendus à des familles comme chiens de compagnie!

TOUS les chiens possèdent un instinct de proie! Eh oui, même le Chihuahua, le Bouvier bernois et le Saint-Bernard possèdent un instinct de proie. Cet instinct est plus ou moins développé selon les individus. Je ne parle pas de races, mais d’individus, car dans une même race, et dans une même portée, on trouvera des chiots qui ont plus ou qui ont moins d’instinct de proie que les autres. L’éleveur doit connaître ses chiots et sélectionner le bon chiot pour la bonne famille. Certaines races sont désignées comme excellentes pour cohabiter avec de jeunes enfants : Labrador, Golden Retriever, Bouvier bernois et j’en passe…. Mais dans chacune de ces races, il y aura toujours des individus qui ne feront pas de bons compagnons pour différentes raisons, dont un instinct de proie trop développé pour les besoins du chien de compagnie.

chien_03« Mes chiens sont sociables. Ils vont dans les expos et sont champions! »
Foutaises. Ces chiens ont été conditionnés à un travail : sois beau et tais-toi!
Le chien a appris à « poser » et à se laisser toucher par le juge. Ce conditionnement n’en fait pas un chien sociable avec les inconnus pour autant!

La sociabilité d’un chien n’a rien à voir avec l’instinct de proie rencontré dans les deux cas de morsures cités plus haut. L’instinct de proie est souvent déclenché par les jeunes enfants. Leurs gestes ou leurs cris vont enclencher trop souvent le mécanisme de proie du chien. Si cet instinct de proie est faible, alors il y aura très peu de risque de morsure. Mais dès que cet instinct de proie est plus développé chez le chien, l’agression est souvent inévitable. Et quand il y a plusieurs chiens (un groupe familial de chiens ou une meute), l’attaque du premier entraînera souvent un effet de meute, et les autres chiens du groupe participeront à la bagarre.

En socialisation et en éducation, le chien et son propriétaire apprennent à contrôler l’instinct de proie, mais il ne peut JAMAIS être enrayé! Le chien naît avec et le conserve toute sa vie, peu importe l’éducation ou le dressage qu’il reçoit.
La règle à suivre est celle-ci : on ne doit JAMAIS laisser un enfant seul avec un chien. N’oubliez pas que, dans la majorité des cas de morsures de chiens envers un enfant, l’enfant connaît le chien!

Et pour les éleveurs, on ne doit jamais laisser un client sans supervision. L’éleveur doit rester en contact en tout temps avec ses chiens quand ceux-ci sont en présence de visiteurs. Les enfants qui sont de la même taille que le chien, ou plus petits, ne devraient pas être sur le sol, mais dans les bras de leurs parents, car un chien est un chien.