Randonnée sur la route: sensibilisation oblige


Je suis cavalière depuis plus de 20 ans. Je suis une fanatique de la randonnée à cheval et, parfois, le passage sur la chaussée est obligatoire pour avoir accès à des sentiers en forêt. Depuis quelque temps, je me suis rendu compte que le respect des automobilistes était très difficile à obtenir. Par contre, je ne sais pas si cela relève simplement de la mauvaise volonté ou d’un manque de connaissances. J’ai donc eu envie de mener une petite campagne de sensibilisation. Je vais tenter de démystifier cela pour permettre aux randonneurs et aux automobilistes de se côtoyer en toute sécurité.

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Photo: Julie Simard

Tout d’abord, je vais tenter de vous faire comprendre une chose bien simple : les chevaux sont des proies. Dans le règne animal, c’est celui qui se fait manger. Imaginez un peu ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il croise un gros camion qui roule à fond de train, avec une remorque qui ballotte dans tous les sens. Le son ne fait que se rapprocher avec horreur. Pour le cheval, il s’agit d’un prédateur qui se dirige droit sur lui. Et comment réagit une proie face à son prédateur? Par la fuite. C’est plus simple que d’affronter le monstre.

Mais que risque-t-il d’arriver à ce moment-là? Un cavalier qui perd le contrôle et un risque d’accident élevé. Lors de la débandade, il y a soit une possibilité de chute pour le cavalier, et le cheval partira dans tous les sens, ne sachant plus quoi faire. Ou encore, une collision possible entre le véhicule et le cheval. Je vous entends déjà vous objecter en me disant : « Eh bien, si le cheval ne sait pas faire de la route, pourquoi en faire alors? ». Eh bien, la réponse est assez simple : comment puis-je désensibiliser un cheval si je ne le confronte pas?

Bien sûr, il y a des étapes à suivre. Il est fortement recommandé d’être avec un cheval qui en a vu d’autres, car cela permet de réduire les risques. Les premières sorties peuvent également être faites en laisse. Tant et aussi longtemps que vous avez le contrôle de votre animal. Car sachez bien une chose, si un accident se produit alors que vous êtes sur la route, que vous soyez en selle, en voiture ou simplement au sol, vous êtes toujours responsable de votre animal, et ce, en dépit d’un accident causé par un véhicule quelconque. Vous êtes tout de même responsable. Je parle ici d’expérience…

Il est donc très important, lors de balades sur la chaussée, de toujours avoir le contrôle. Si vous croyez qu’il y a des risques, attendez une autre journée afin d’être accompagné, ou encore, descendez de cheval pour parcourir vos quelques mètres sur la chaussée en cas de doute. Il n’y a pas que les véhicules qui peuvent risquer de causer des accidents lors de sorties sur la route. Un simple oiseau qui détale d’un fossé peut donner la frousse à un cheval qui ne l’a pas vu venir.

Je veux également sensibiliser les conducteurs de véhicules en tous genres (autos, motos, VTT, etc.). Si vous rencontrez un cheval sur la route, prenez la peine de ralentir un instant, passez doucement à côté de celui-ci et n’accélérez qu’un peu plus loin. Ainsi, vous aiderez à diminuer les risques d’accident. Si vous pouvez dépasser en passant dans l’autre voie, c’est encore mieux. Surtout, ne klaxonnez que lors de votre passage, car cela pourrait risquer d’épouvanter l’animal davantage. Si vous voyez que les chevaux sur la chaussée semblent en état de panique et que le cavalier perd le contrôle, prenez la peine de vous immobiliser. La reprise du contrôle par le cavalier envers son cheval sera plus facile si vous lui en donnez la chance.

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Photo: Julie Simard

Si vous apercevez un cavalier qui agite le bras de haut en bas, c’est qu’il vous fait signe de ralentir un peu, car vous arrivez sans doute trop vite vers lui. Il est bien placé pour savoir comment sa monture se sent. S’il ressent un danger, il essaiera de diminuer celui-ci en essayant de vous faire réagir par un geste de la main. Prenez la peine de diminuer votre vitesse lorsque vous passez près de chevaux. Cavaliers, sachez également que si, malgré vos avertissements, aucun changement ne s’opère chez le conducteur, il vous est possible de relever le numéro de la plaque du véhicule et de faire une plainte à la police. Un avis pourrait alors être émis au conducteur pour conduite dangereuse. Je parle ici d’exception, mais il peut être nécessaire de le faire si un conducteur se fout totalement des chevaux et exagère lorsqu’il vous voit sur la chaussée. Du déjà vu également.

J’ai également constaté que la plupart des conducteurs qui ne se soucient aucunement de notre passage sur la route sont des jeunes. Si vous avez des adolescents en âge de conduire, s’il vous plaît, prenez la peine de leur expliquer un peu les rudiments simples d’une rencontre avec des chevaux sur la chaussée. De plus, la plupart de leurs véhicules sont modifiés avec un tuyau d’échappement qui fait un vacarme d’enfer. Imaginez la frayeur des chevaux en les entendant arriver vers eux…

En tant que cavalière avertie, j’espère que ce petit rafraîchissement permettra à plusieurs de connaître de belles randonnées sans danger. Merci à l’avance et, en ralentissant, n’oubliez pas d’envoyer la main aux cavaliers sur la route, ils se feront un plaisir de vous la renvoyer avec leur plus beau sourire, car un respect entre les deux est toujours bienvenu.

Pour les cavaliers, le ministère du Transport a également rédigé un petit dépliant portant sur les règles de la sécurité routière à cheval. Vous pouvez le consulter en ligne sur le site de Québec à cheval au www. cheval.qc.ca. Intéressant et très à propos. Sur ce, bon été et bonne randonnée en toute sécurité.