Le rôle d’une technicienne en santé animale


Lorsqu’on se rend chez le vétérinaire, c’est généralement la technicienne en santé animale qui nous reçoit en premier, et on peut penser que son rôle s’arrête là. Mais détrompez-vous, car son travail en clinique est beaucoup plus important et varié qu’il ne peut le paraître. Pour nous renseigner sur le métier de technicienne en santé animale, Lisa Tétreault, TSA depuis huit ans et employée à l’hôpital vétérinaire de Rawdon, nous explique les fonctions du métier.

Diane : Bonjour Lisa!lisa

Lisa : Bonjour Diane!

Diane : Pour commencer, dites-nous quelles sont les qualités requises pour devenir une bonne technicienne en santé animale.

Lisa : Je dirais que le plus important est d’avoir un bon sens des responsabilités. Ensuite, il faut avoir une bonne dextérité manuelle et avoir de l’autonomie, car il faut être capable de fonctionner seule sans toujours attendre les instructions du vétérinaire. Il faut aussi avoir un bon sens de l’organisation, être polyvalente, être capable de faire beaucoup de choses en même temps, tout en sachant où en s’en va et, naturellement, avoir un souci important du bien-être de l’animal.

Diane : Lorsque vous suivez une formation en santé animale, est-ce que d’autres possibilités d’emploi s’offrent à vous? C’est-à-dire, pouvez-vous vous orienter ailleurs que chez un vétérinaire?

Lisa : Certainement! Pendant les études, on nous oriente vers plusieurs milieux autres que chez un vétérinaire, comme le domaine de la recherche en milieu hospitalier, pharmaceutique, gouvernemental ou privé. Il y aussi les services de la faune, soit les analyses de laboratoires pour la MAPAQ, dans les zoos et dans les refuges. Il y a vraiment beaucoup de domaines où on peut s’orienter.

Diane : Et vous avez choisi de travailler chez un vétérinaire?

Lisa : Oui, car je trouvais que j’avais plus d’aptitudes avec les petits animaux, donc je me suis concentrée là-dessus pendant mes études. À un certain moment, j’ai pensé me tourner vers le domaine de la recherche, mais en fin d’études, nous avons fait des stages en milieu vétérinaire et en recherche, et c’est grâce à la relation avec la clientèle que je me suis mise à apprécier le milieu vétérinaire.

Diane : Personnellement, je trouve que les stages sont nécessaires lorsqu’on est en formation et que l’on cherche vers quoi se diriger. Cela permet de nous aider à choisir notre métier et, finalement, de faire quelque chose qu’on aime.

Lisa : En effet, on a une bien meilleure idée de ce que l’on veut faire.

Diane : J’imagine que vous avez aussi des responsabilités auprès du vétérinaire. Quelles sont-elles?

Lisa : Il y en a beaucoup. Au niveau des préconsultations, nous rencontrons l’animal en premier, en ce sens que nous commençons l’examen de l’animal, et nous prenons également les premières informations, comme les vaccins, les vermifuges, etc. Le médecin vétérinaire fera tout de même le tour, mais déjà, en première ligne, nous pouvons trouver certaines petites choses et permettre de sauver du temps au vétérinaire. Par exemple, si un chien a beaucoup de sécrétions au niveau des oreilles, on peut faire les prélèvements et effectuer une analyse de laboratoire afin de voir à quelle sorte d’otite nous avons affaire. Dans nos tâches journalières, nous nous occupons également de la réception, de l’accueil, des contentions, de l’installation des cathéters, des prises de sang et de la prise de radiographies. Ce sont les tâches que les vétérinaires nous délèguent souvent. Il y a aussi les analyses d’urine, de selles et les bilans sanguins. Pendant ce temps, le vétérinaire peut se consacrer entièrement à son patient

On peut aussi administrer les médicaments prescrits par le médecin vétérinaire, mais plus souvent pour les animaux hospitalisés. Nous assistons aussi les chirurgies, comme la préparation du matériel, le rasage et la désinfection de l’endroit où le vétérinaire opérera. Il faut aussi compléter les dossiers des clients. Nous pratiquons également les soins de base comme la coupe des griffes et les changements de pansements.

Diane : Avez-vous aussi des responsabilités envers le propriétaire de l’animal?

dachshund dog seating in front of her food dish.

Lisa : Oui, surtout au niveau de la prévention ou de l’alimentation. Il faut aussi informer le client de l’état de santé de l’animal après une chirurgie, des soins à donner à la maison, notamment la prise de médicaments, ainsi que la posologie. Nous leur donnons parfois une démonstration sur la prise des médicaments, car plusieurs ont de la difficulté avec ça. Nous devons aussi expliquer au propriétaire d’un animal diabétique la façon de lui donner des injections d’insuline.

Diane : Quels sont les cas les plus fréquents de maladies ou d’accidents que vous recevez en clinique?

Lisa : Je dirais que la plupart de nos visites sont pour les examens généraux et les vaccins. Dans le cas de maladies, ce sont les problèmes de peau, d’otites, de vomissements et de diarrhée. Parfois, les gens pensent qu’en regardant l’animal, on peut dire ce qu’il a, mais pour les mêmes symptômes, il peut y avoir plusieurs causes, d’où la nécessité d’examens plus en profondeur.

Diane : Oui, et j’ai remarqué que, bien souvent, l’état de l’animal est déjà très avancé avant qu’il ne laisse paraître qu’il est malade.

Lisa : C’est sûr, car avant tout, à la base, les animaux sont des proies, donc ils se protègent énormément. Par exemple, un animal qui a énormément mal aux dents va continuer de manger pour sa survie avant de démontrer au propriétaire qu’il a vraiment mal, et lorsqu’il le démontre, ça fait déjà un bon petit bout de temps qu’il souffre et que la situation s’est aggravée.

Diane : Quelles sont les négligences que les propriétaires de chiens et de chats commettent le plus souvent?

Lisa : Malheureusement, ce sont ceux qui décident de donner des médicaments destinés aux humains sans préalablement demander au vétérinaire. Cela arrive fréquemment que l’on donne une petite Tylenol à un chat pour le soulager, mais ce médicament est mortel pour celui-ci. Alors, l’animal se retrouve chez le vétérinaire avec un plus gros problème qu’au départ. Il faudrait que les gens prennent conscience qu’il faut vraiment faire attention et que, parfois, un simple coup de fil à la clinique peut éviter bien des problèmes.

Diane : Quel est le cas le plus difficile auquel vous avez été confrontée?

Lisa : Naturellement, je travaille pour une clinique vétérinaire, et c’est certain qu’il faut faire face à l’euthanasie, mais seulement lorsqu’elle s’avère nécessaire; parce que l’animal souffre trop. L’euthanasie est un acte humanitaire, sans douleur, et reste la meilleure fin que l’on puisse vermifuge_02espérer pour son animal. Alors, même si c’est difficile, on peut se consoler en se disant qu’au moins, en médecine vétérinaire, on a cette option, contrairement à la médecine humaine, où l’être humain peut parfois souffrir longtemps avant d’être capable de mourir. Mais lorsqu’on nous amène un animal en pleine santé, c’est une toute autre histoire. Ce qui est décevant, par exemple, c’est d’euthanasier un petit chaton en pleine santé simplement parce que les gens ne peuvent pas s’en occuper. Ça, c’est vraiment difficile. Malheureusement, il y a beaucoup trop d’animaux dont les gens ne veulent plus et qui finissent par l’euthanasie. La meilleure solution à ce problème reste toujours la stérilisation.

Diane : Vous est-il déjà arrivé une aventure cocasse avec un de vos patients?

Lisa : (Rires) En fait, c’est arrivé à une des vétérinaires avec qui je travaille. En palpant l’abdomen d’un chien, celui-ci a éjaculé sur la table d’examen. (Rires) Disons qu’on reste assis surprise et embarrassée. Personnellement, une fois, j’étais en train de faire une coupe de griffes à un tout petit chihuahua pendant qu’une autre technicienne le tenait dans ses bras. Je me suis penchée sous le chien afin de mieux voir lorsque je couperais ses griffes et, soudain, le petit chien s’est mis à uriner sur moi. J’en avais partout. Je peux dire que ça commence bien une journée! (Rires)

Diane : (Rires) J’espère que vous aviez des vêtements de rechange!

Lisa : Oui, par chance! (Rires)

Lisa : Et ça, c’est sans parler des glandes anales qu’il faut vider chez les chiens… on ne peut jamais savoir dans quelle direction ça peut aller! (Rires)

Diane : (Rires) Effectivement, j’en ai déjà fait l’expérience.

Diane : Lisa, auriez-vous des conseils à donner aux propriétaires d’animaux?

Lisa : Lors de l’adoption d’un animal, il ne faut pas juste penser à sa beauté ou aux caprices des enfants. Un animal de compagnie devrait être avec vous jusqu’à la fin de sa vie, en incluant les soins appropriés comme les programmes préventifs de vaccination, les vermifuges et les traitements lors des maladies. Il faut prévoir un budget d’environ 1000 dollars par année minimum lors de l’acquisition d’un animal, incluant la nourriture et les soins de base de vétérinaire. Il faut aussi prévoir les coûts de la stérilisation pour la première année.

Un autre conseil important à mon avis : ne jamais administrer de médicament à votre animal sans obtenir l’avis d’un vétérinaire. Certains médicaments pour humain peuvent, même à dose minime, entraîner la mort de votre animal, et certains produits en animalerie ne sont malheureusement pas indiqués pour votre animal. Qui de mieux placé que votre vétérinaire et son équipe pour vous conseiller?

Happy vet with dog and cat, focus intentionally left on smile of veterinary.

Diane : En résumé, que diriez-vous du métier de technicienne en santé animale?

Lisa : Selon moi, il s’agit d’une profession captivante et enrichissante. Elle est aussi en pleine expansion, car la demande s’avère encore plus importante que l’offre, donc les perspectives d’emploi sont excellentes. Il y a aussi plusieurs domaines d’emploi possibles, donc les techniciennes finissantes ont la chance d’aller dans le domaine qui les intéresse le plus. Pour ma part, c’est le domaine en clinique vétérinaire qui m’attire le plus, car nous avons le plaisir d’aider à sauver des vies et nous voyons concrètement les résultats de notre dur labeur avec nos animaux à quatre pattes.