Le gecko


Dans l’océan Pacifique, à l’Est de l’Australie et au Nord de la Nouvelle-Zélande, se trouve un petit archipel nommé Nouvelle-Calédonie. Coin de pays paradisiaque, la Nouvelle-Calédonie abrite une faune riche et diversifiée. Celle-ci comporte une multitude d’espèces de reptiles, dont celui qui nous intéresse aujourd’hui : le gecko à crête. Décrit pour la première fois en 1866 par un zoologiste français du nom d’Antoine Guichenot, cet animal a longtemps été considéré disparu, et ce, jusqu’à ce qu’une équipe de chercheurs en quête de nouvelles espèces le redécouvre en 1994. Avec ses grands cils et son air attachant, il est maintenant la coqueluche des herpétophiles! Facile à garder et d’un naturel sympathique, il demande des installations peu coûteuses, tout en pardonnant bien des erreurs de débutant. Si vous souhaitez faire l’achat d’un petit lézard, votre bonheur se trouve peut-être dans ce petit faciès amusant.

Fiche technique

crédit photo Annick Claisse
crédit photo Annick Claisse
Nom vernaculaire : Gecko à crête

Nom scientifique : Rhacodactylus ciliatus

Famille : Gekkonidæ

Taille moyenne : 10-12 cm, sans la queue

Espérance de vie : environ 15 ans

Répartition géographique : Nouvelle-Calédonie, au Sud de Grande Terre et sur l’île des Pins

Habitat : Forêt tropicale

Mode de vie : Arboricole, nocturne

Alimentation : Insectes et fruits

Le gecko à crête doit son nom à la double rangée de pics souples couronnant sa tête et ornant son dos jusqu’à la base de sa queue. De prime abord, on pourrait, pour cette raison, hésiter à le caresser, mais ne vous laissez pas berner par son air hérissé : la peau du gecko à crête est soyeuse et agréable au toucher. Le gecko à crête tire son air constamment hébété de ses yeux globuleux sans paupière mobile, dont la pupille verticale trahit le mode de vie nocturne. Fait amusant, comme il ne peut cligner des yeux, pour garder ceux-ci bien propres, le gecko à crête… les lèche! Arboricole, ses petites griffes l’aident à s’agripper aux branches, mais il doit la majorité de son adhérence aux coussinets sous ses pattes, qui lui permettent même de coller aux vitres les plus propres! Comment fait-il? Des ventouses? Pas du tout! Le phénomène qui permet au gecko à crête d’adhérer aux surfaces est le même que celui qui permet à un ballon de baudruche frotté sur les cheveux de coller à un mur : l’électricité statique. Sous ses doigts, le gecko à crête possède des lamelles, composées de poils microscopiques terminés par de minuscules soucoupes. Ces poils sont au nombre de 5000 par millimètre carré! La queue préhensile du gecko à crête est elle aussi terminée par un disque de poils microscopiques.

crédit photo Annick Claisse
crédit photo Annick Claisse

Le gecko l’utilise comme cinquième main pour se mouvoir, et on peut parfois l’observer suspendu par la queue! Même si sa queue lui est bien utile pour se déplacer, lorsque mis en danger, le gecko à crête est prêt à s’en départir au profit de sa vie. Ce processus est conscient : lorsque l’animal se sent sérieusement menacé, il contracte certains muscles spécialisés de sa queue, ce qui induit le sectionnement du membre. Le prédateur est alors divertit par la queue frétillante, alors que l’animal prend la fuite. Ce phénomène, appelé autotomie, est présent chez plusieurs espèces de lézards.

Chez le gecko à crête, contrairement à plusieurs autres espèces, la queue ne peut repousser suite à la mutilation. Pour cette raison, les adultes sauvages possèdent rarement leur queue, et lorsque l’espèce a été redécouverte en 1994, les scientifiques la croyaient exempte de cet appendice. Imaginez la surprise lorsque les premiers bébés sont nés en captivité!Comme à l’habitude, si vous considérez vous procurer un gecko à crête comme animal de compagnie, songez à reproduire le plus fidèlement possible son habitat. Puisque ce lézard est arboricole, un terrarium plus haut que large est à privilégier. Par exemple, pour un seul spécimen, un aquarium d’un volume de 20 gallons en position verticale est adéquat. Il est important d’offrir un espace bien aéré, riche en branches et feuillages, permettant à votre gecko de s’abriter, tout en lui laissant la place pour bondir de branche en branche. Le sol peut être recouvert de mousse de sphaigne ou d’écorce de bois, en autant que le substrat soit assez gros pour ne pas être avalé.

Pour un côté plus pratique, une tuile de céramique ou un papier absorbant peut très bien faire l’affaire, mais ces options s’avèrent moins esthétiques et ne contribuent pas au maintien de l’humidité dans l’habitat. À ce sujet, il convient de pulvériser généreusement le terrarium matin et soir avec de l’eau à température ambiante. Une coupole d’eau changée quotidiennement est également requise. La température idéale pour le gecko à crête se situe entre 22 et 25 degrés Celsius. Il ne nécessite donc aucun dispositif de chauffage, pour autant qu’il ne fasse pas moins de 20 degrés dans votre maison en hiver. Et attention à la canicule! Cet animal supporte très mal les hautes températures et peut en mourir! S’il fait autour de 30 degrés certains jours d’été, pensez à mettre, au fond de son terrarium, un sac de glace concassée couvert d’une serviette, et remplacez le tout au besoin. Concernant l’éclairage, l’ajout d’un néon UV est optionnel, puisque ce gecko est nocturne.

Semi frugivore, semi insectivore, le gecko à crête requiert une alimentation variée. Des grillons ou des vers disponibles en animalerie peuvent être offerts à votre gecko régulièrement, complémentés de purée de pêche, d’abricot ou de mangue. Idéalement, les purées seront confectionnées à la maison et pourront être congelées dans des bacs à glaçons, puis décongelées à température de la pièce au besoin. Cependant, on trouve aussi des purées pour bébé naturelles qui peuvent faire l’affaire, en autant qu’elles ne soient pas additionnées de sucre. Si vous n’aimez pas les insectes vivants, vous pouvez les congeler, les broyer, et les ajouter à votre purée. Les geckos à crête en captivité ont aussi besoin d’un apport en supplément de calcium de deux à trois fois par semaine, ainsi qu’en vitamines une fois par semaine. Ces suppléments, que vous pouvez acheter à l’animalerie, peuvent être saupoudrés sur les insectes, ou alors ajoutés à la purée. Portez attention lors de l’achat, car ces suppléments possèdent une date d’expiration. Pour ceux qui trouvent l’alimentation décrite ci-haut fastidieuse, il existe des formules à réhydrater toutes prêtes pour nourrir ce type de gecko. Selon les écoles de pensée, certains vous diront qu’il s’agit de la manière la plus adéquate d’alimenter votre animal. D’autres préconiseront de reproduire fidèlement l’alimentation naturelle de l’espèce, et d’ainsi fournir purées maison et insectes bien vivants. Peu importe quels seront vos choix en matière d’alimentation pour votre reptile, gardez en tête qu’il est primordial d’offrir un menu varié.

crédit photo Annick Claisse
crédit photo Annick Claisse

Comme la reproduction en captivité du gecko à crête est relativement aisée, cet animal est maintenant offert dans une gamme impressionnante de couleurs. Si un petit nombre de femelles peuvent être gardées dans un même terrarium, évitez de mettre ensemble deux mâles ou un couple. Deux mâles auront tôt fait de se battre, et ces combats peuvent être fatals pour un ou l’autre des gladiateurs. Un couple gardé ensemble aura tôt fait de se reproduire, et ces accouplements et pontes répétés épuiseront la femelle. Pour produire ses œufs, une femelle gecko utilise une quantité importante de calcium, et si elle n’a aucun moment de repos, c’est son propre squelette qui en écopera.

Sachez qu’une fois accouplée, la femelle pourra produire de 4 à 8 pontes de deux œufs chacune, et ce, sans avoir à rencontrer son partenaire entre les pontes. En effet, elle a la capacité de faire une réserve de sperme, lui permettant de s’autoféconder par la suite. Lorsqu’elle est prête à pondre, la femelle se trouvera un petit coin bien humide où elle pourra creuser et enterrer ses œufs. Une fois ceux-ci bien recouverts, la femelle n’y touchera plus. Les bébés viendront au monde eux-mêmes, en cassant la coquille et en s’extirpant de leur cachette. Ils devront par la suite survivre dans un monde bien dangereux, car leur propre mère peut confondre sa progéniture avec son prochain repas! C’est pourquoi bien des éleveurs retirent les œufs pondus pour les placer en incubateur. Les bébés seront par la suite gardés dans des terrariums adaptés à leur taille et nourris individuellement afin de veiller à ce que leur croissance se déroule bien.

En bref, que ce soit pour débuter ou pour satisfaire les plus expérimentés, le gecko à crête saura plaire à bien des passionnés. Imaginez un instant votre salon où trônerait un magnifique terrarium naturel rempli de bromélias et d’orchidées, où une cascade d’eau éclabousserait la frimousse de votre nouveau lézard. Si cette pensée vous séduit, courez voir l’éleveur du coin, qui saura vous informer adéquatement tout en offrant une bête de qualité!