La hiérarchie existe-t-elle entre l’homme et l’animal?


La hiérarchie existe au sein d’une même espèce. Un groupe de chiens sauvages aura une structure hiérarchique, le statut de dominant pouvant être occupé alternativement par un chien ou un autre. L’individu dominant aura accès à la nourriture en premier, il contrôlera le territoire, les déplacements et les activités de la meute. Cette hiérarchie n’est jamais stable! Elle fluctue au gré des changements hormonaux et s’adapte aux environnements et aux activités. Un des chiens peut être dominant dans la zone de couchage alors qu’un autre sera dominant quand vient le temps du repas.

depositphotos_84826690_originalLe chien qui assume le rôle de dominant n’impose aucune obéissance, mais demande le respect de quelques règles. Par exemple, la priorité dans une activité comme boire ou manger. Le dominant n’utilise pas la violence et n’est pas agressif. Il est sûr de lui et confiant. Un minimum de règles est indispensable au bon équilibre de la meute et à la survie des individus cohabitant ensemble.

À Moscou, une meute de chiens errants prend le métro tous les matins avec les travailleurs pour se rendre au centre-ville y quémander de la nourriture et faire les poubelles. Le soir venu, ils retournent avec les travailleurs via le métro pour se reposer au lieu de couchage. Les individus de ce groupe doivent respecter une certaine forme de hiérarchie pour la cohésion et la survie du groupe.

Mais qu’en est-il de la hiérarchie entre l’homme et son chien? Existe-t-elle?

La hiérarchie proprement dite est présente uniquement au sein d’une même espèce. Le chien de compagnie n’étant pas stupide, il sait que vous n’êtes pas un chien! La hiérarchie, telle qu’on la définit, est donc impossible entre l’homme et l’animal.

Supposé que tel chien est dominant et que tel autre est soumis en désignant les chiens dans un parc à chiens est une grave erreur. La dominance et la soumission, tout comme la hiérarchie, fluctuent selon les changements hormonaux, les activités et l’environnement!

À observer des chiens inconnus qui jouent ensemble dans un parc, on peut supposer que tel ou tel est dominant dans la situation actuelle… Mais est-il tout aussi dominant dans d’autres situations, environnements ou activités?

Dans la relation homme-chien, l’humain démontre de l’autorité. Il impose SA volonté. Il refuse que son chien sente les parties génitales, qu’il courre après les écureuils, qu’il tire en laisse, qu’il ait une vie de chien! Il exige l’obéissance et son chien doit se soumettre à ce qui lui est demandé.

depositphotos_7881847_originalDans cette relation, l’homme n’est pas dominant au sens réel de ce qu’est la hiérarchie au sein d’un groupe. Il devient dictateur. Il exige et refuse de s’adapter. Il pose des étiquettes sans savoir de quoi il parle. Mon chien est si ou ça… mais il ne laisse pas son chien communiquer réellement comme un chien. Il croit comprendre, mais il fait fausse route. Sa dominance est physique et non adéquate en ce qui a trait au développement d’un lien homme-chien.

Le chien est souvent comparé au loup, ce qui est une grave erreur. Le loup vit en meute, qui est constituée d’un mâle, d’une femelle et de leur descendance. La meute est un groupe formé temporairement pour assurer la survie de la famille. Le loup est plus expressif que le chien dans son expression faciale, et il est moins agressif que le chien!

Les loups gardés en captivité sont inhibés. Ils ne savent pas exprimer leur réel langage, car ils ne sont pas libres. Ils sont gardés dans un environnement artificiel. Cet environnement est créé et géré par l’Homme et comporte des clôtures. Les loups n’y chassent pas pour survivre et ils sont en « famille reconstituée ». Cette meute artificielle se compose de loups de provenances diverses, alors que dans la nature, il en est tout autrement.

Le loup en captivité est conditionné. Il doit vivre avec les autres loups qui partagent son enclos et démontre plus d’agressivité que le loup libre dans la nature. En effet, dans la nature, le louveteau devenu adolescent s’éloigne de sa famille pour former sa propre « meute » s’il ne désire pas continuer à vivre avec ses parents. En captivité, cet adolescent n’a aucunement cette possibilité. Il est rejeté parce qu’il se rebelle et est obligé de rester dans le groupe, ce qui créé une augmentation de l’agressivité et des bagarres. En nature, le loup libre est rarement agressif.

Est-ce à dire que l’on ne doit pas sévir lorsque le chien agit incorrectement? Doit-on tout permettre au chien?

depositphotos_2585861_originalLe chien a le besoin vital de vivre en groupe. Animal social, il apprend rapidement les habitudes quotidiennes des membres du groupe dans lequel il vit (humains, chats, etc.) et ses habitudes agissent comme des conditionnements. Grâce à sa capacité d’observation et de mémorisation, le chien connaît rapidement le déroulement de vos journées et anticipe les événements. Tout groupe a besoin d’un meneur, d’un leader. Ce leader est quelqu’un qui impose certaines règles sans abus de pouvoir. Le leader est quelqu’un en qui l’on peut avoir confiance. On se sent en sécurité en présence du leader.

Le dominant est un dictateur, il sème la terreur. Par son attitude, il engendre la peur chez le chien. On respecte le leader. On craint le dictateur.