Comment réagir face à la peur?


Faire ou ne pas faire d’immersion, telle est la question! Dans la majorité des cas, l’immersion n’est aucunement la solution! Plus souvent qu’autrement, l’immersion cause des problèmes et ne favorise pas nécessairement le développement de la confiance.

Rappelez-vous qu’il ne faut jamais brûler les étapes. Il faut avancer pas à pas dans la bonne direction, et chaque erreur correspondra à un minimum d’une semaine de travail supplémentaire  pour rééquilibrer ce chien.

Les thérapies holistiques telles que le Ttouch ®, les Fleurs de Bach ™, le massage, l’homéopathie ou les exercices de développement du potentiel canin (MDPC©) peuvent toutes être d’une aide précieuse… quand elles sont employées correctement et intelligemment.

La peur est la cause numéro un de la majorité des problèmes du comportement animal, dont l’agressivité. La peur est une émotion vitale. Elle envoie un signal de danger au cerveau, qui fait réagir l’animal. Devant la peur, l’animal réagit. Il peut fuir à une distance prédéterminée (zone de confort), il peut figer sur place, il peut prendre une attitude de substitution (aller chercher une balle, se lécher ou lécher l’autre, creuser, aller se coucher sur son coussin, etc.). Et, au final, il y a l’agression qui, en fait, est la tentative de l’animal d’intimider la personne ou l’animal qui lui fait peur. On n’a qu’à penser au chat qui fait le dos rond et crache quand il a peur du chien!

Face à la peur chez votre animal, vous devez avoir une attitude neutre et calme. Forcer l’animal qui a peur à faire face à une situation qui l’inquiète est à proscrire. L’immersion risquerait de le traumatiser et de transformer sa peur en phobie. La phobie s’exprime par une réaction disproportionnée face à une situation et créé de l’anxiété.

Il faut plutôt utiliser la désensibilisation, c’est-à-dire qu’il faut associer quelque chose de positif en utilisant l’exposition progressive de la situation, soit un pas à la fois, et toujours en félicitant et en encourageant l’animal. L’intensité du stimulus doit donc être progressive.

Vous pouvez aussi utiliser le contre-conditionnement, c’est-à-dire que vous associez l’élément qui inquiète l’animal à une expérience positive et agréable. On change donc la séquence et l’animal apprend une nouvelle séquence d’événements par rapport à ce qui a eu lieu.

Finalement, vous pouvez utiliser l’habituation, qui est d’apprendre à ne plus donner de réponse ou à donner une réponse moindre lors de l’événement inquiétant. L’habituation se fait par répétition du stimulus, avec une intensité modérée, afin que l’animal s’y habitue.

La rééducation de l’animal qui a peur se fait uniquement avec de la motivation et de la récompense. La punition détruit vos chances de progrès et augmente l’anxiété de l’animal qui se trouve déjà en situation de stress. Le contact affectif, les félicitations, les encouragements, une voix calme et une attitude zen renforceront la complicité entre vous et votre animal, ce qui augmentera alors vos chances de progrès. Pour interagir en comportement animal, il faut toujours être zen… c’est-à-dire que vous devez être calme, équilibré, patient et observateur.

Le jeu aide à améliorer les performances. Utilisez le jeu dans tous les apprentissages, et n’en tient qu’à vous de tout faire pour susciter la motivation de votre animal. Pour le motiver, vous devez être motivant! L’erreur que font beaucoup de gens est d’utiliser la nourriture comme seule récompense possible en rééducation. La nourriture n’est qu’une des composantes, et si les autres sources de motivation sont exclues, le lien homme-animal sera déficient.

Votre voix, votre interaction avec l’animal et le jeu sont indispensables. Le jeu est LE truc le plus important pour l’équilibre psychologique du chien. Jouer seul n’est pas motivant. Il faut interagir ensemble. Il faut plusieurs joueurs pour avoir du plaisir. Vous, ainsi que les autres membres de votre groupe familial, devez jouer avec votre chien!

Sous forme de jeux, il est possible de tout apprendre au chien : permissions, interdits, obéissance, etc. Apprendre en s’amusant est tellement plus facile et motivant!

Mon opinion au sujet du clicker

J’utilise le clicker depuis plus de 20 ans avec les chevaux, les chiens et les chèvres. J’ai même éduqué une chatte à faire une routine de marche au pied avec assis automatique, et à faire un parcours d’obstacles avec l’aide du clicker et de sa motivation première… du thon en boîte!

Le clicker est uniquement un accessoire qui vous permet d’avoir un meilleur timing de récompense. Vous monnayez tout contre un clic! Le clicker est un outil de dressage qui «remplace» le «bon chien» par un timing plus rapide, donc plus efficace. Le clicker n’agit aucunement dans la relation homme-animal, et si on vous fait croire le contraire, c’est un leurre!

Depuis plusieurs années, le problème majeur que je remarque dans le milieu canin est le suivant : les professionnels croient pouvoir régler tous les problèmes de comportement avec un clicker. Malheureusement, quand le problème est causé par une déficience au niveau du lien homme-chien, le clicker ne fonctionnera jamais à long terme. De plus, rééduquer un chien qui a peur ou qui est agressif avec le clicker ne fonctionne que dans certains cas précis, mais  qui représentent la minorité des cas. Dans la majorité des cas, le clic aura conditionné une réponse qui augmentera l’anxiété du chien au lieu de la diminuer.

Le chien a peur… Êtes-vous certain à 100 % que le clic a été exécuté au bon moment et que vous aidez le chien à développer sa confiance en lui? Ou, au contraire, le chien gourmand réagit au clic, mais son anxiété augment et, au bout du compte, il vomit ou développe un problème secondaire… Il change le mal de place.

En soi, le clicker n’est pas une solution miracle. Au fait, le clicker n’est pas et n’a jamais été une méthode à renforcement positif exclusif! Le renforcement positif se produit au clic quand l’animal obtient son bonbon. Mais quand il n’y a pas de clic, que vous ignorez le comportement ou que vous produisez n’importe quel autre son ou attitude corporelle pour faire comprendre à l’animal que la réponse qu’il donne n’est pas celle recherchée… c’est un renforcement négatif.